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Pour son 13e anniversaire, la ville portuaire normande d’Honfleur héberge ces deux fascinantes illusions : l’exotisme nostalgique et le modernisme du village planétaire durant une vingtaine de jours.
Chroniques Nomades poursuit toujours le même objectif, celui de faire rencontrer les multiples conceptions subjectives que l’on a les uns pour les autres. Par conséquent, grâce à ses expositions de clichés touristiques venant des quatre coins du monde, ce festival promet une approche nouvelle de l’autre, tout en affirmant sa propre identité. Cette année, il ouvre un nouvel horizon, une nouvelle vision sur l’univers asiatique. Les créateurs photographiques de ce festival se consacrent donc entièrement sur cette scène artistique quelque peu méconnue.
De nos jours, l’uniformisation est d’actualités. En effet, l’économie, la politique et même la culture suivent une même norme. On ne parle d’ailleurs qu’unification, surtout dans le monde occidental. Certes, cela a ses avantages. Cependant, on se met souvent dans des situations telles qu’il n’y a plus de séparation, de frontière entre les mœurs et les coutumes internationales. On arrive même à un point tel qu’on oublie notre propre identité. Et c’est là qu’intervient le festival Chroniques Nomades. En effet, cette diversité définit les caractéristiques réelles de chaque pays, au-delà de l’imagerie publicitaire que l’on inculque aux touristes. Mieux encore, ce festival met en évidence les multiples raisons pour lesquelles on tient tant à explorer l’univers qui n’est pas la nôtre et à parcourir massivement notre planète.
D’ailleurs, cette manifestation associe les jeunes talents et les photographes de renom dans la quête d’un voyage imaginaire. En outre, c’est un véritable témoignage sociologique et politique sur ce qui se passe autour de nous.
Avoir choisi le monde asiatique pour théâtre artistique lors de cette édition n’est pas le fruit du hasard. En effet, la croissance économique et politique de ce continent fait que c’est un univers artistique très sensible.
Ainsi, on peut découvrir avec les œuvres de Solange Brand, une vision bien différente de la Chine durant la révolution culturelle de 1966. Bruno Delamain laisse, quant à lui, des clichés impressionnants qui tournent autour de la construction du barrage des Trois-Georges. Le talentueux Yan Changjiang livre à travers sa mise en scène de « Paper men » une méditation sur les conditions de vie. Laurent Zylberman offre un reportage à chaud, dressant le portrait du Tibet durant la haute surveillance du Tibet lors du soulèvement contre l’occupation chinoise alors que Wang Gang propose une approche beaucoup plus respectueuse et plus apaisée de la même époque. Cette dernière vision, beaucoup plus intemporelle, produit une certaine similitude avec la peinture classique européenne illustrant l’exil du dalaï lama. Le photographe Isabeau de Rouffignac laisse découvrir dans son œuvre « âmes captives », les fantômes des dirigeants khmers rouges. Dans le même cadre cambodgien, Laurence Leblanc rappelle l’état mental de ces anciens enfants qui sont hantés par les non-dits du génocide. Enfin, Marion Gronier affiche ses impressionnants portraits de comédiens et de danseurs à travers la Chine, le Japon ou l’Inde.
Bien évidemment, d’autres clichés ne portant pas essentiellement sur le monde asiatique sont également présents durant ce festival. Ainsi, Gérard Dufrêne laisse découvrir une vision du paysage français depuis un TGV et Patrick Mourral dresse les portraits de ces jeunes marginaux qui ont entrepris le voyage de leurs rêves. |
Calvados (14) |
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